Catégorie : Kinesitherapie et cancer du sein

TRAITEMENT DU LYMPHOEDEME DU MEMBRE SUPERIEUR

TRAITEMENT DU LYMPHOEDEME DU MEMBRE SUPERIEUR

Réseau lymphatique du membre supérieur
Le lymphoedème du membre supérieur est une séquelle du traitement des cancers du sein. On évalue sa fréquence aux alentours de 40%,  selon les techniques radio-chirurgicales.

Il s’agit d’un oedeme superficiel lié à une accumulation de lymphe dans les espaces interstitiels.

Son étiologie est connue et multifactorielle, en relation avec le curage axillaire, les effets de la radiothérapie et le potentiel lymphatique initial. En effet, après curage axillaire, le membre supérieur est toujours en état d’insuffisance lymphatique potentielle.

Le lymphoedème du membre supérieur (LMS) apparaît lorsque les phénomènes de compensation circulatoires ne sont plus suffisants.Cependant, l’apparition précoce ou différée du lymphoedème reste aléatoire et dépend à la fois du capital restant et des conditions qui                                                                                   vont augmenter la charge lymphatique.

Remarque : Les sensations de bras lourd ou qui « serre », peau épaisse, cartonneuse ou hypersensible ne sont pas toujours des signes annonciateurs de lymphœdème mais, le plus souvent, des troubles de la sensibilité. Ceux-ci sont dus à l’irritation ou section de petits nerfs sensitifs lors du geste chirurgical du curage axillaire ou aux séquelles de la radiothérapie

La prise en charge kinésithérapique du LMS associe drainage manuel et bandages de décongestion. La pressothérapie pneumatique peut y être associée.

La fréquence des séances est fonction de l’importance des signes cliniques.

Le Drainage Lymphatique Manuel

La  technique du drainage lymphatique manuel décrite par Volder en 1932 a considérablement évolué. Elle a eu longtemps la réputation d’être longue à mettre en œuvre car le traitement de l’œdème lui-même était précédé d’une série de manipulations dont nous savons désormais l’inutilité : massage abdominal, massage systématique des creux sus-claviculaires, massage à distance de l’oedème.

De ce fait, le DLM perd son aspect “ésotérico-magique” pour redevenir une technique de rééducation vasculaire validée par des clichés lympho-scintigraphiques réalisés avant et après drainage manuel.

Mais les drainages à eux seuls sont insuffisants pour permettre la décongestion du lymphoedème.

Les bandages et contentions

L’utilisation conjointe des bandages et du drainage manuel est  nécessaire pour obtenir une décongestion du lymphoedème.

Un bandage simplifié utilisant seulement deux bandes donne les meilleurs résultats de décongestion. Une première bande non élastique maintient le résultat de la séance de drainage tandis qu’une autre, compressive, optimise le résultat sans l’aide de la contraction musculaire.

Cette élaboration, commode à installer et facile à supporter, permet d’être acceptée par l’ensemble des patientes.

Par la suite, le port d’un manchon de contention prendra le relais des bandages.

La pressothérapie pneumatique

La pressothérapie complète l’effet du DML. Elle permet d’avoir une action sur la circulation sanguine ainsi que sur la circulation lymphatique en stimulant les échanges sanguins et le drainage des toxines et déchets. Le choix de la durée de la séance et celui de la pression exercée dépendent du type de lymphoedème.

PREVENTION DU LYMPHOEDEME DU MEMBRE SUPERIEUR

PREVENTION DU LYMPHOEDEME DU MEMBRE SUPERIEUR

LE LYMPHOEDEME DU MEMBRE SUPERIEUR N’EST PAS UNE FATALITE!

Le lymphoedème est la principale complication chirurgicale du cancer du sein. Il est lié au curage des ganglions de l’aisselle (ganglions axillaires).

Son apparition peut être immédiate ou différée, jusqu’à 10  ans après mastectomie.

L’œdème survient cliniquement pour de multiples raisons sur un bras fragilisé. Il suffit d’un incident mineur (coup de soleil, mouvement brusque ou port de charges) pour favoriser l’engorgement de la lymphe dans le membre et détériorer le réseau lymphatique déjà bien atteint. L’œdème apparaît généralement d’abord sur le bras avant de progresser vers la main.

Les facteurs responsables peuvent être d’ordre mécanique, thermique, chimique ou infectieux.

Par exemple :

  • la charge lymphatique augmente lors de l’hyperhémie d’une activité musculaire importante
  • la capacité de drainage lymphatique résiduel diminue lors d’un épisode infectieux ou lors de la mise en place d’une striction du membre
  • la capacité de drainage lymphatique se réduit par fibrose radique (après radiothérapie) des éléments de la racine du membre
  • l’augmentation de la chaleur provoque une vasodilatation qui favorise l’oedème
  • d’autres facteurs ont été mis en évidence de façon variée et d’importance inégale  (l’obésité, les raideurs de l’épaule, le type chirurgical…).

De façon générale, il convient de garder à l’esprit quelques grands principes:

  • Un grand nombre d’activités physiques est possible notamment si ces activités sont progressives, fractionnées et suivies d’un repos en déclive
  • L’apparition d’un oedème est toujours discrète et jamais éléphantiasique d’emblée.
  • Il est nécessaire d’identifier les facteurs de risque d’apparition ou d’aggravation.
  • Il est préférable de protéger sa main ou son bras (gants, vêtement protecteur) pour les activités ou situations à risque (jardinage, bricolage, ménage, cuisine, insectes…)
  • Les cures de repos en déclive et des auto-bandages sont particulièrement efficaces
  • La prise tension artérielle et les injections intraveineuses dans le membre du côté opéré sont interdits
  • L’absence d’activités physiques et sportives est déconseillée

 

    Et surtout….Le traitement des Lymphoedèmes du Membre Supérieur constitués est  EFFICACE!

EPAULE ET CANCER DU SEIN

EPAULE ET CANCER DU SEIN

La raideur de l’épaule est une complication fréquente de la chirurgie du cancer du sein.

Elle a deux conséquences à court terme : la gêne douloureuse de la patiente à mobiliser son épaule et la difficulté pour le radiothérapeute à réaliser l’irradiation.

Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de ces limitations articulaires:

 

  • l’appréhension à mobiliser le membre supérieur en tirant sur la zone opérée. Cette appréhension concerne beaucoup plus la zone du curage axillaire que celle de la tumorectomie ou de la mastectomie
  • les thromboses lymphatiques superficielles (TLS) : une dizaine de jours après l’intervention, apparaissent de très fines brides sous-cutanées, comme des cordes de guitares, douloureuses, qui limitent la flexion et la rotation de l’épaule ainsi que l’extension du coude. Ce phénomène résulte de l’oblitération des vaisseaux lymphatiques et de l’accumulation de la lymphe.
  • la décompensation d’un problème mécanique préexistant, provoquée par l’intervention et aggravée par l’attitude antalgique adoptée par la patiente

 

La rééducation réalisée au cabinet doit être poursuivie à domicile pour accélérer la récupération.

Cette rééducation, très douce, est remarquablement efficace et évite bien des ennuis secondaires.

Les résultats seront d’autant meilleurs que la rééducation aura débuté précocement en postopératoire.

Les exercices actifs répétés et la mécanothérapie sont proscrits.

Les techniques

=> Des manœuvres manuelles, douces, progressives pour assouplir les thromboses sans les rompre

=> Une mobilisation de l’épaule basée sur les techniques manuelles de recentrage et de mobilisation des scapula pour faire disparaître rapidement douleurs et raideurs, sans aggraver la lymphorrhée.

=> des étirements posturaux associes à des exercices respiratoires

=> Enfin, des manœuvres de mobilisation tissulaire et de drainage du creux axillaire complètent cette prise en charge précoce de l’épaule.